Conférence sur le charisme, vecteur de réussite dans la conduite de projet, par François Aélion

François Aélion nous conte la Belle au bois dormant dans une version du « prince charismatique ».

Largement interprétée, nous y retrouvons les ajouts successifs de Walt Disney (1959), des frères Grimm (1812) et de Perrault (1697) sur l’une des couches originale, celle de Perceforest (XIVème).

« Une organisation qui doit changer de paradigme, s’endort », c’est ainsi au moment où les fées endorment la cour, que François débute son récit.

1/ L’arrivée du prince

Nul n’est prophète en son royaume. L’outsider, c’est celui qui vient d’ailleurs, qui a su sortir de sa zone de confort.

Il est souvent border line – je vous prie de bien vouloir excuser les quelques anglicismes que je reprends mot pour mot – avec un regard iconoclaste. Curieux, il occupe le bon espace au bon moment (Keros : le sens du moment)

2/ L’humilité envers les paysans

Notre prince, pour demander son chemin aux paysans, descend de son cheval.

Mettant ainsi pied à terre, il se met au niveau de ses interlocuteurs. Il choisi la bonne cible et y met la bonne intensité.

Note : souvent notre leader charismatique à un « numéro 2 », « inodore et incolore », qui l’accompagne. Je vous laisse le soin de trouver quelques exemples.

3/ L’inflammation et l’enthousiasme

Le prince a deux motivations : l’amour et la gloire !

Pour cela il a une grande endurance.

Lorsqu’il doit imposer à quelqu’un, il somme jusqu’à trois fois, seulement à ce moment là une sanction peut tomber (cher parent, rappelle toi ce qu’il se passe lorsque tu comptes, le regard sévère : 1, 2, 3 !).

4/ La décision (aller jusqu’au bout, le baiser)

Au départ le prince ne sait pas où il va, il sait cependant qu’il doit y aller. Il y a une finalité, ici une princesse qui n’attend que lui, et qui en toute originalité doit se réveiller cette année après un sommeil de cent ans.

Il s’assume pleinement, et pour ses responsabilités il parle au singulier : « Je ».

5/ La marche (d’escalier) et le balcon

Le charismatique est besogneux, il grimpera (la marche) pour prendre de la hauteur (symbolique du balcon).

Il aura par ailleurs des traversées du désert, pourtant il poursuivra son destin, même seul.

6/ La marche en avant

Dans l’action, les choses compliquées sont souvent plus simples qu’il n’y parait.

Seul le premier pas coûte, c’est là la grâce de l’action.

7/ L’agenouillement devant la cour

Il va au contact, aussi à l’aise dans les hauts (il délivre la princesse) que dans les bas (il se retrouve devant le seigneur).

Authentique, il sait ce qu’il est prêt à sacrifier. Il s’enrôle pour que les autres le suivent.

Le prince est bienveillant, il est content d’aimer, il a un toucher émotionnel.

Tout cela a l’air naturel, sans l’être pour autant.

Note : « Je me produis en produisant quelque chose ».

8/ Le discours mal rangé

Le prince est vulnérable, il n’en a pas peur pour autant.

Il monte au sujet, s’exprime, s’assume, même si le discours est bredouillant, balbutiant.

Une équipe avec un chef charismatique se transcende, prête à donner d’elle même.

Le charismatique sait mettre les autres en avant.

Dans « Le voyage de monsieur Perrichon », l’un des protagonistes met en valeur le maître de maison en se faisant aider (sauver même) par celui-ci.

Demander de l’aide peut ainsi flatter les autres (restez cependant authentique, car dans « le voyage », cela tourne à la manipulation qui se fait finalement découvrir).

Se faire aider est un acte adulte, alors que l’enfant veut faire seul.

Frugal, le charisme amène à appeler à l’aide sans explication, laissant l’autre s’exprimer, et la relation se construire.

Note : « Le bruit fait peu de bien, le bien fait peu de bruit ».

9/ Le secret

Le charismatique a un rejet du temps et du père.

Le temps contraint alors que l’espace libère.

Il faut occuper l’espace, pour cela il faut répondre uniquement sur le registre du réel, en allant à l’essentiel.

Faire vite (ne pas confondre avec précipitation), c’est aller à l’essentiel, se libérant ainsi du temps pour occuper l’espace.

10/ La scène

Le monde entier est une scène, chacun a un ou plusieurs masques.

De Gaulle disait : « je vous ai compris ».

Il ne faut pas être affecté par le matériel.

Dans ce monde scénique, il faut annoncer la couleur, l’intention que l’on a.

Impossible alors de passer pour un manipulateur : je fais ce que j’ai annoncé de part mes intentions partagées.

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