Ouvrages de Saint-Exupéry

Saint-Exupéry est aviateur et écrivain, l’un ne va pas sans l’autre, activités indissociables.

Pourquoi ? Je vous invite à tourner les pages de son œuvre avec moi.

J’ai pris un grand plaisir à lire le premier tome des éditions la Pléiade portant sur les romans Courrier sud, Vol de nuit et Terre des hommes.

Ouvrage renforcé d’écrits de jeunesse, d’articles, de courriers à sa mère et aux amis.

Sans compter sur les nombreux appendices, les explications ainsi que les versions biffées et écritures alternatives non retenues.

Laissons de côté le Petit Prince, qui ne sera publié qu’après sa mort.

Tête dans les nuages, j’ai passé un mois à lire, relire, naviguer, piloter, renforcer mes connaissances sur les débuts de l’aviation commerciale, à savoir postale dans les années 20 et 30, ainsi que sur la force transcendantale des hommes qui ont fait de cette aventure des légendes.

Mettons les compteurs à zéro, débutons avec le bref récit « l’aviateur » qui met immédiatement dans l’ambiance héroïco-tragique de la symbiose homme machine.

L’aviation est précise, il y a des procédures à respecter, dans ce cas « l’aviation ce n’est pas dangereux». Sinon ? La mort.

Courrier sud, entre Paris et le courrier africain, Saint-Exupéry nous conte une histoire d’amour.

Je trouve que le rôle de l’avion se limite à poser une ambiance héroïque, industrielle puis à terminer tragiquement l’histoire.

Ce livre est la difficile rencontre de l’héroïne de vingt-quatre heures dans la vie d’une femme de Zweig et d’un aviateur trop loin de comprendre les besoins d’une femme mondaine déjà étreinte.

Une désespérée et un héros sans moyen. Tragique je disais, tragique.

Embarquons dans Vol de nuit, un livre d’une puissance incroyable qui a remporté le prix Fémina.

Les meilleures pages nous plongent dans l’esprit divin de l’aéropostale.

Une pression incroyable pèse sur chacun, d’une lourdeur écrasant les hommes pour garantir la sécurité des vols dans les délais impartis.

Outre l’idéologie du dieu courrier, des systèmes de primes et de sanctions bercent le contrôle même des hommes sur la météo.

Lorsque l’accident arrive, il est accepté avec pudeur, l’écrit est magnifique.

Incroyable, à aucun moment je ne me suis senti révolté des méthodes employées par l’entreprise, me rêvant même être l’un des leurs.

Finissons par Terre des hommes, réécriture de nombreux articles publiés dans Marianne, l’Intransigeant et Paris-soir.

Les grands moments de l’aviation de l’époque y sont répertoriés.

Un livre hétérogène, cependant complet avec de très bonnes pages telles :

  • la conquête des sables marocains, les interactions avec les Maures,
  • l’Amérique du sud et Guillaumet marchant seul 7 jours dans les Andes,
  • l’accident de Saint-Exupéry dans le désert de Libye avec son mécanicien, qui survivront de justesse,
  • l’ouverture des lignes et divers exploits des collègues, courage conduisant trop souvent à la mort.

Les racines de l’homme sont intimement liées à la terre, l’homme s’y arrache à grand prix, pour toujours y finir.

Je terminerai en disant que Saint-Exupéry brise le mythe des héros. Les aviateurs sont pleinement humains avec leur faiblesses, sous pression permanente, définitivement accroc à leur métier.

Certains confrères de l’époque lui reprochèrent d’offrir aux simples lecteurs cette intimité secrète des pilotes, accompagnants (radio, mécaniciens) et personnels au sol.

Bonne lecture, Aurélien

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