Schopenhauer, l’art d’avoir toujours raison.

Ramené au goût du jour par le film Le brio.

Ses sous-titres pourraient être:

  • How to Lose Friends and Humiliate People (Dale Carnegie unapproved).
  • Comment s’armer pour se protéger des manipulateurs.
  • Maitriser le sens des mots et leur emploi pour améliorer sa réthorique.
  • La modernisation des Topiques d’Aristote.
  • Le pervers narcissique, sa vie son œuvre.

En voici une synthèse

S1 et S2 – Sortir du contexte

Stratagème 1 : par l’exagération / l’extension, poussez les propos de l’autre au delà de ses limites naturelles.

Stratagème 2 : la polysémie – jouez sur le sens des mots.

Stratagème 3 : transposez les dires de l’adversaire dans un autre contexte. Si son sujet est relatif, faites comme s’il le disait dans l’absolu.

S4 et S5 – Jouer sur les prémisses

Stratagème 4 : ne laissez pas entrevoir votre conclusion, en faisant admettre vos prémisses dans le désordre.

Stratagème 5 : utilisez des prémisses acceptables par l’adversaire, quand bien même elles seraient erronées. Argumenter sur la base de ce qu’il accepte.

Pour la suite, pousser le vice

Stratagème 6 : posez des pétitions de principes en postulant ce que l’on souhaite prouver. Exemple: substituez un mot à un autre ; amenez un cas particulier admis vers le général (à prouver) ; amener un cas général admis vers le particulier (à prouver)…

Stratagème 7 : le Go Fast Socratique, posez des myriades de questions disparates, menez rapidement l’argumentation de ce qui a ainsi été admis, maintenez le rythme pour noyer les esprits lents (vous permettant de passer outre les erreurs et failles de votre raisonnement).

Stratagème 8 : provoquez la colère de votre adversaire, sans jamais reculer devant l’irrévérence.

Stratagème 9 : ne pas laisser entrevoir votre conclusion en posant vos questions dans le désordre.

Stratagème 10 : si l’adversaire fait exprès de dire non, demandez le contraire ou soumettez plusieurs propositions.

Stratagème 11 : faites admettre des cas particuliers, venez en au cas général comme s’il avait également été admis.

Stratagème 12 : choisissez des mots connotés positivement pour votre démarche, négativement pour des adversaires. Religion = foi ou superstition ?

Stratagème 13 : pour faire admettre un énoncé, soumettez également le contraire pour lui laisser le choix. Objectif : faites lui mettre du gris sur du noir pour en faire du blanc, ou le contraire.

Stratagème 14 : quand bien même l’adversaire n’aurait pas donné les réponses souhaitées, venez en promptement à votre conclusion, comme s’il s’agissait d’une suite logique. La timidité / stupidité de l’adversaire, couplé à votre aplomb, feront le reste. Fallacia non causae ut causae.

Stratagème 15 : faites admettre pour rationnelle une affirmation juste mais bancale. Si l’adversaire n’accroche pas, revenez au stratagème 14.

Stratagème 16 : pinaillez ce qu’il dit et qui touche sa ligne de conduite.

Stratagème 17 : contrez naturellement un contre argument qui se prête au double sens ou présente plusieurs cas de figures.

Stratagème 18 : interrompez ou deviez le débat pour arriver à d’autres conclusions. Cf. stratagème 29.

Stratagème 19 : généralisez le propos adverse pour lancer votre contre argumentation.

Stratagème 20 : moins brutal que le 14, profitez de quelques prémisses admises pour en tirer votre conclusion.

Stratagème 21 : ne rétablissez pas la vérité des choses sur des propos adverses spécieux ou sophistiqués. Opposez-y un contre argument qui va de même.

Stratagème 22 : si l’adversaire demande d’admettre un principe concernant le cœur du sujet, prétextez qu’il s’agit d’un petitio proncipii, le même que vous adoptez avec le stratagème 6. Le voici privé de son meilleur argument.

Stratagème 23 : faites exagérez sa thèse à l’adversaire, découpez ce qui dépasse, cela suffira à la décrédibiliser. Quant-à vous, sachez où arrêter vos propos.

Stratagème 24 : A travers des déductions spécieuses et interprétations abusives, amenez les propositions adverses à des conclusions qui ne sont pas les siennes, avec si possible un caractère abusif voir dangereux. Utilisez l’absurde à outrance.

Stratagème 25 : l’instance est un cas particulier qui amène à la réfutation directe. Restez vigilant aux contres arguments ou exemples que vous oppose l’adversaire, sont-ils vraiment valides ?

Stratagème 26 : retournez un argument contre celui qui l’émet. De l’indulgence car c’est un enfant ? Bien au contraire, il faut battre le fer tant qu’il est chaud !

Stratagème 27 : si l’adversaire réagit avec agressivité à vos arguments, insistez dessus, vous avez mis le doigt sur un point faible.

Stratagème 28 : face à un érudit et un parterre de non initiés, ce sont ces derniers qu’il faut convaincre, malgré vos erreurs. S’ils rient, l’adversaire aura bien du mal à les ramener à sa cause.

Stratagème 29 : faute de mieux utilisez la diversion. Si elle est discrète, il y aura encore un lien avec le sujet, osée, seul l’adversaire restera le même. Pensez à toutes vos disputes de couple qui dérivent négligemment du sujet pour des attaques parfois personnelles (cf. 38 l’ultime stratagème).

Stratagème 30 : faites appel à un argument provenant d’une autorité que l’adversaire reconnaît. Sera d’autant plus efficace que celui-ci est peu instruit. Après tout, « Aristote l’a dit ».

Stratagème 31 : déclarez vous incompétent en la matière. Avec une pointe d’ironie et un public en votre faveur, voici l’adversaire décrédibilisé. Une sorte de stratagème 30 sur lequel repose votre propre autorité en la matière. Le cas d’école est celui d’un professeur avec un élève.

Stratagème 32 : assimilez l’affirmation adverse à une doctrine peu appréciée ou déjà désavouée.

Stratagème 33 : utilisez le sophisme « c’est peut-être vrai en théorie… », si ça ne l’est pas en pratique, c’est qu’il y a une erreur dans la théorie, et donc qu’elle est fausse, CQFD.

Stratagème 34 : l’adversaire change de sujet, répond à côté ou par une question ? Aucun doute vous avez touché un point sensible. Il ne vous reste plus qu’à le travailler au corps sur la faille décelée.

Stratagème 35 : « l’intellect n’est pas une lumière qui brille sans huile, il se nourri des volontés et des passions ». Rendez l’argument contraire aux intérêts de l’adversaire (tel idéologique, financier) ou de son groupe / communauté, il s’arrêtera tout net.

Stratagème 36 : l’adversaire conscient de ses déficiences fera semblant de comprendre. Ainsi proférez des inepties érudites prouvant la véracité de sa thèse, avant de tourner le tout au ridicule. C’est odieux, qu’attendiez-vous ?

Stratagème 37 : si l’adversaire, fort d’avoir raison, utilise une preuve inadaptée, réfutez celle-ci en décrédibilisent par là même l’ensemble de la thèse. Ainsi les avocats perdent de justes causes.

L’ultime stratagème : tout est perdu ? Insultez le !

Ces stratagèmes peuvent-être utilisés comme arme ou bouclier.

Pour améliorer vos compétences rhétoriques ou contrer celles adverses.

Cette version est complétée de deux cours essais, y sont principalement évoqués :

  • l’aliénation de l’homme dans des lectures inutiles et des reprises des anciens sans nouvelle valeur ajouter (big up personnel pour Frédéric Lenoir et sa réécriture de Spinoza),
  • ainsi que dans le trop de lectures qui empêche de penser par soit même. Big up a Twitter et Facebook qui passent au level du dessus du flood de la médiocrité.

Bonne lecture

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